Historique
Construction du début du 19e siècle et successeur vraisemblable du Neuf Moulin, le Moulin d'En Bas apparaît sur l'atlas des chemins d'Arville (1843) sous le nom de Moulin Pêcheur. Il s'agit alors d'un modeste établissement à deux paires de meules, qui occupe la moitié est des bâtiments actuels.
En 1859, il est vendu à la veuve Perleau-Tasiaux qui lui adjoindra dès 1860 un moulin à écorce, doublant ainsi la superficie des bâtiments. Dans le même temps, elle procèdera à d'importants aménagements hydrauliques, portant la hauteur de chute de 3,62 m. à 5,70 m. Cette modification nécessitera l'aménagement d'un canal de fuite d'une longueur totale de 237 m., voûté sur les deux-tiers de sa longueur.
À la fin du 19e siècle, le moulin à écorce est converti en moulin à farine et le bâtiment est donné en location à différents meuniers. Le moulin est alors double et se compose d'une part de l'ancien moulin à farine, dit ‘petit moulin', et du moulin à écorce reconverti, dit ‘grand moulin'. Le 20 juillet 1914, Joseph Nollevaux en devient locataire. Il achète le moulin en 1921. Ses descendants (Léon Mormont, époux de Louisa Nollevaux et Joseph Strépenne, époux de Léona Mormont) l'exploiteront jusqu'à l'arrêt des machines en 1985.
Quelques meuniers
Isidore Pierard et Marie-Louise Wavreille (locataires, 1895-1908), Hubert Pierrard et Marie Esther Pêcheur (locataires, 1908-1911), Folien Prémont et Antoinette Collas (locataires, 1911-1914), Joseph Nollevaux et Victorine Petit (1914-1931, achat en 1921),
Léon Mormont, dernier "blanc meunier", et Louisa Nollevaux
Léon Mormont et Louisa Nollevaux (propriétaires, 1932-1972/1985, dernier "blanc meunier", c.-à.-d. dernier meunier à avoir produit de la farine panifiable), François-Joseph Strépenne et Léona Mormont (propriétaires, 1955/1972-1985, dernier meunier).
Architecture
Le moulin forme un long ensemble blanchi de bâtiments en moellons de grès. Il présente un important corps central à deux niveaux de baies cintrées (moulin à écorce ou grand moulin, 1860). À l'est de ce corps central, côté Saint-Hubert, se trouvent les bâtiments du premier moulin ou petit moulin, fortement remaniés à deux reprises au cours du 20e siècle. À l'ouest, côté Poix, s'étend un bâtiment construit en 1957 sur les fondations d'annexes en bois de 1860 détruites par l'incendie du 6 septembre 1944 (représailles allemandes).
Vue arrière du moulin, depuis la Fosse du Loup; dans le lointain, le clocher et les toits de Lorcy
Site et environnement
Le moulin se situe à 1,5 km au sud-ouest de Saint-Hubert, en contrebas de la route de Saint-Hubert à Libin. Il est construit à la jonction des vallées du Nareday, du Leupont et du ruisseau de Lorcy. Alors qu'il ne se trouve que 400 m. en aval du Neuf Moulin décrit ci-dessus, sa localisation est sensiblement plus favorable : la quantité d'eau disponible est supérieure et la chute plus importante. Ces éléments pourraient avoir justifié le transfert auquel nous faisions allusion ci-dessus. Alors qu'il pouvait utiliser les eaux des trois ruisseaux cités, le moulin n'a cependant jamais utilisé que celles du Leupont et du ruisseau de Lorcy. Des travaux entrepris par Léon Mormont pour capter les eaux du Nareday n'ont jamais été menés à leur terme.
Ouvrages hydrauliques
Le moulin est aujourd'hui devenu une micro-centrale hydroélectrique. Les ouvrages hydrauliques ont été adaptés à cette nouvelle fonction en 1996-1997. Le bief d'amenée, d'une longueur approximative de 200 m., s'amorce quelques 100 m. en aval du Neuf Moulin, franchit le Nareday par un aqueduc de béton et amène les eaux du Leupont à l'arrière du bâtiment du moulin où elles s'engagent dans le conduit qui les amène à une turbine Ossberger d'une puissance de 18 kw. Un second bief, qui acheminait vers le premier les eaux du ruisseau de Lorcy, est aujourd'hui à l'abandon. Bien qu'envasé, il est encore visible dans les prairies face au moulin. Le ruisseau de Lorcy n'est plus utilisé que pour l'alimentation de la roue en bois (roue de poitrine, alimentée à mi-hauteur) installée par Philippe Paquin et Louis Schul à côté de la turbine.
Machinerie intérieure
Le moulin est aujourd'hui vide de toute machinerie. Le petit moulin, devenu inutile suite à la modernisation du grand, a été démonté en 1942 et son mécanisme transféré au Moulin des Côtes à Bellevaux (Bouillon) où il se trouvait encore en 2000. Le grand moulin, modernisé dans les années 30, en 1945 et en 1975, a été vidé de ses machines au début des années 90.
Fonction actuelle
Le moulin remplit aujourd'hui une triple fonction : habitation privée, gîte rural et micro-centrale hydroélectrique.
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